Bonjour ami lecteur.
Aujourd'hui, lundi 26 juin à 11h40, je voulais te dire que ta fidélité depuis... depuis presque deux semaines me fait chaud au coeur. Non pas que j'y tienne mais c'est juste une manière de t'être agréable, de te dire que tes commentaires, autant ceux que je vois que ceux que je ne vois pas, ou que ceux que j'entends ou ceux que je n'entends pas, me font plaisir. Si par ces quelques mots, ces quelques articles que je te dédis, je peux faire partie de ta vie, alors c'est déjà quelque chose de beau, en soi.
Je te connais, je voudrais mieux te connaître, je ne te connais pas. Et pourtant tu es là. Etrange coïncidence qui fait de toi mon lecteur. L'anonyme m'est aussi important que l'ami que j'ai déjà. Et si d'un clic tu tombes sur mes hypertextes alors s'il te plaît, gardes-moi dans ton cyber-espace, que j'y trouve ma place. Quoiqu'il en soit, j'espère devenir ton favori...
Je t'imagines déjà... et je souris : "Pour démarrer, qu'y a-t-il au menu ?" dirais-tu à l'écran scintillant. Tu t'accrocherais à ta fenêtre et de là, tu verrais la jungle virtuelle qui s'étend au pied de ton mur de feu. Pas le temps de le contourner. Tu sautes. Et à pieds joints en plus ! Tu cherches où aterrir mais soudain le moteur te lâche. Tu te crashes, aucun point de restauration. Pourtant ton système a faim. Tu l'abandonnes, au risque d'abaisser tes protections et d'attraper un méchant virus. La jungle est immense et toi, l'explorateur, tu te perds. La faune grouille, les prédateurs affluent vers toi et c'est une araignée qui te tend maintenant sa toile, sinon sa main. Elle te fait retrouver le fil de ce monde indiscernable, par nature indistinct.
Le maillage est lâche et toi aussi : tu t'échappes et converges vers ce cyber-café où t'attend un serveur. Tu tapes et commandes l'accès aux toilettes les plus proches et quelle n'est pas ta surprise quand tu constates que ton débit de boisson t'amènes aussi rapidement devant la porte des latrines, un haut débit, par ailleurs. Malheureusement, le cyber-café est saturé et le serveur est tout aussi encombré que tu sembles l'être. Pas de quartier : on t'expulse avec force.
Tu te relèves avec peine, les graphismes sont flous et tes paramètres faussés. La nouvelle plateforme à tes pieds t'est totalement inconnue, quoique très belle. Tu t'y engouffres, évidemment, curieux que tu es. La faille béante crée un passage pour ton avatar qui se permet alors toutes les intrusions. Tu deviens virus, tu t'infiltres, circules parmi les circuits pour enfin voir apparaître en image de fond une cité majestueuse. Dès ce moment, ta mémoire rame : "où suis-je ?" "Quel est ce colisée si familier ?" Et, enfin, tu reconnais Rome. Rome et ses colonnes de marbre, Rome et ses fontaines somptueuses, Rome et ses Eglises dorées. Pour un peu, tu deviendrais même membre de son Forum. Tu laisses échapper ton émotion et tu ne contrôles plus rien : tu ne veux plus te supprimer de cet endroit.
Cependant que tes exhaltations t'emmènent loin de la réalité, un visiteur s'approche. Il se poste derrière toi. Il attend que tu ais fini d'uploader tes sentiments et se prépare à tranférer les siens. Mais collision ! Choc frontal ! Un flux d'énergie te paralyse. Ton écran se brouille, se gèle. Tu te bloques et rehausses ton niveau de défense. Le combat est imminent et c'est toi qui l'engages : tu l'assailles, écrases ses fichiers - dans la bousculade tu fais même tomber un autre serveur - tu te rengorges fièrement mais lui riposte alors ! Il te piétine, lâche ses spywares, tu veux fermer sa fenêtre mais on sent bien qu'il joue au chat et à la souris avec toi et, pris de panique, tu le laisses forcer le passage et il entre comme une brute.
De ton côté, tu craques. Vite ! Il faut te mettre à jour ! Changer de version ! Tout doit être tenté pour ne pas perdre Rome, dont les défenses s'effritent sous les assauts de l'ennemi ! Malheureusement, toutes les connexions te sont refusées et c'est avec fureur que tu assistes à l'effrondrement de la grande cité. Tu as chaud... très chaud... mais même ton ventilateur t'a lâché. Tu n'as plus que l'image, sans le son et ta carte mère ne semble plus être au courant de rien. C'est la débâcle.
Enfin il faut se rendre à l'évidence. Ami lecteur, tu as cédé Rome.
Ju.